Certains pensent qu'ils font un voyage, en fait, c'est le voyage qui vous fait ou vous défait.
(Nicolas Bouvier)
Alors voici un blog, pour nous suivre, mon voyage et moi...
Mais non, mais non, Marion n'est pas morte car elle chante encore...on connaît le refrain! Bohicon (la ville de province où j'habite, à 3h de Cotonou) n'a pas encore eu raison de Marion mais c'est vrai que je me sens un peu loin du festival de Cannes et du tournoi de Roland Garros...pas de radio international, pas de téle, internet au compte-goutte, que des feuilles de choux locales, moins de 50 étrangers dans une ville de 70 000 habitants... Ce qui semble me lier au vieux continent, c'est la pluie...et oui, juin, juillet, la saison des pluies bat son plein. Il fait quand même autour de 30°C mais le ciel verse sa rasade quotidienne à la terre rouge et sableuse qui explose alors en exubérance végétale...ici c'est tout en processus accéléré, comme si les plantes se pressaient de germer, grandir, fleurir et disperser leurs graines tant qu'il y a de l'eau. Du coup, les moindres lopins sont plantés d'arachides, de maïs, de manioc.
Au delà cette passionnante chronique météo, je fais mon trou à Bohicon. Me voilà bien installée dans ma maison, ça commence à avoir un peu d'allure et je regarder pousser mon potager en priant pour que pastèques et melons arrivent à terme. D'ici le mois prochain, une franco-béninoise de l'INAPG devrait me rejoindre en tant que chargée d'étude sur la valorisation énergétique de la biomasse (foyer de combustion amélioré et biocarburant)...là je sens que mon mail en décourage déjà certains! Plusieurs personnes m'ont posé la question « mais qu'est-ce que tu fous au Bénin? »...petite explication qui reste d'être un brin rébarbative mais ô combien pédagogique!
Dans le contexte de déclin de la filière coton, le Bénin se cherche un autre créneau pour son agriculture qui occupe et fait vivre quasiment 70% de la population. Le programme sur lequel je travaille se nomme « Productions Agroalimentaires et Renforcement des Initiatives Economiques Rurales » et porte sur la valorisation post-récolte des produits de l'agriculture familiale, bruts ou transformés en produits de terroir (farine fermentée de manioc, de maïs, pâte d'arachide). En bref, comment créer un revenu à partir du manioc, de l'arachide ou du maïs? Le programme est parti du postulat que les filières vivrières sont livrées à elle-même dans un contexte peu dynamique (bah ouais à la campagne au Bénin, c'est encore plus enclavé que la Creuse, dès que tu t'éloignes de 10 km des villes, il n'y pas plus aucun service, ni la moindre trace de modernité donc en terme d'opportunités c'est dur dur). Le but du programme c'est d'identifier des initiatives de producteurs à la base dans un environnement où ils subissent un désavantage concurrentiel (pas d'accès à l'électricité, au crédit, aux techniques, aux services de mouture, de séchage...) et de soutenir la mise en place de microentreprises rurales. Concrètement me direz-vous? Mettre en place un séchoir à céréales et organiser la gestion de ce service par les groupes d'agriculteurs eux-même. Accompagner l'achat d'une râpe mécanique pour transformer le manioc dans un groupement villageois de femmes. Toute la stratégie d'action se base sur l'accès à de nouveaux services et technologie susceptibles de créer de la valeur ajoutée et permettre à l'entreprenariat rural d'accéder à des marchés urbains. Souvent le levier de développement, c'est l'accès à l'énergie...pour sécher et conserver des produits ou pour réduire la pénibilité des travaux généralement réalisés par les femmes.
Le programme sur lequel je suis travaille donc avec les producteurs de base pour développer des services aux micor-entreprises rurales. On travaille aussi sur l'accès à des produits financiers adaptés dans les instituts de micro-finance de la place. Cela consiste à soutenir les instituts de microfinance dans la mise en place de services spécialement adaptés aux besoins du monde rural (crédit bail pour le matériel agricole, avance de trésorerie pour la conduite d'activités saisonnières, besoin en fonde de roulement, etc...).
Ma contribution à moi dans tout ça? Je suis assistante technique du programme. Dans le jargon du développement c'est une fonction qui veut tout dire...et son contraire! En fait, il y a deux chefs de projet, l'un en France à Aubagne et l'autre à Cotonou. Je suis chargée de faire le lien entre eux et de soutenir le chef de projet béninois dans sa mission : gestion administrative et financière du programme, conventionnement, relations avec les financeurs, programmation des activités, cadrage stratégique. Sans doute cela n'est pas très parlant mais pour l'image, disons que le programme est une petite entreprise d'une dizaine de salariés avec une co-direction entre une ONG française (GERES) et une ONG béninoise (Allowanou-Tognon). Moi je joue le rôle de consultant en management...au coeur de la machine mais sans le pouvoir de décision! Le boulot est très complet et prenant, parfois trop. C'est une bonne école de la débrouillardise et du système D!
Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez regarder le site (en transformation) du GERES (Groupement Energies Renouvelables Environnement Solidarité), ONG qui m'emploie. Voilou voilou pour le turbin. C'est pas du tout cuit loin s'en faut et l'enjeu est fort avec près de 4 millions d'euros engagés d'ici 2011. Peut être une bagatelle pour une boîte privé lambda mais un sacré morceau pour une ONG au Bénin.
enfin j'ai ma maison à Bohicon. Ce fût rude, ce fût ardu. J'ai menacé, pesté, marabouté, fais la tronche et enfin j'ai ma maison.Je vous passe les détails épiques du déménagement, la valse des artisans qui sont peintres comme moi je suis plombier, etc.
Donc depuis une semaine j'ai rejoint la charmante ville de Bohicon, à un jet de pierre de la capitale royale Abomey. Concrètement c'est un carrefour où se croise les axes Nord-Sud et Ouest-Est et plein de rues de latérites rouges tout autour. J'habite la villa "Ma Mélodie" à Sémmé. Quand je suis arrivée, pas facile de me défaire de la poussière rouge qui s'était installée partout dans la maison mais maintenant mon logis commence à ressembler à quelque chose...avis aux amateurs! J'ai hérité d'un gardien de nuit nigérien, agriculteur migrant (oui messieurs dames, les migrants climatiques existent déjà) et d'une employée de maison togolaise (ici la machine à laver, ça n'existe quasi pas, ce sont des bonnes dames qui se chargent de vos corbeilles de linge poussièreux).Mon petit monde s'organise, ici c'est la moindre des choses en terme de paix sociale que d'employer au minimum deux personnes.
Les choses se mettent doucement en route, l'ameublement est sommaire et deux chambres sont encore totalement vides (hormis les araignées!), et oui...mais petit à petit l'oiseau fait son nid. Je commence à connaitre doucement le quartier, mes voisins, les petits commerces...Ici je suis la "yovo", c'est à dire la blanche de service. Quand je marche dans la rue, je réponds 50 fois à "yovo, bonsoir" et les enfants crient depuis les cours des maisons "yovo bonsoir, comment ça va, ça va bien, merci" comme une comptine obsédante. Pas un jour non plus sans le fameux "yovo cadeau", à savoir "donne moi quelque chose la blanche". Je vous passe les remarques des adultes sur les bienfaits du colonialisme (même si je leur répète que je n'étais même pas née lorsque le Bénin est devenu indépendant)...autant dire que l'intégration, ce n'est pas pour tout de suite et pas avec tout le monde (là je sens que je brise des mythes humanistes sur l'interculturalité!).
Concernant mon travail, les bureaux ne sont toujours pas prêts à Bohicon (!!!!) donc je bosse seule chez moi. Cela devrait changer dès la semaine prochaine avec la présence intermittente du chef de projet béninois et celle de l'expert en agro-alimentaire. Pour le moment je travaille énormément sur le renforcement de structure, à savoir pousser l'ONG dans laquelle je suis à définir un cadre de travail : faire des contrats, établir une stratégie, respecter des procédures de gestion financière, anticiper les activités...Le développement est un business, même dans les ONG!
Pour les petites histoires rigolotes qui émaillent mon quotidien : avec mon gardien, nous avons fait tomber les mangues de l'arbre et j'ai déjà expérimenté les sorbets faits maison avec copeaux de noix de coco grillés! J'ai goûté aussi dans les maquis l'amo, le fromage peul frit dans une sauce pimentée...le plat pour transpirer son litre d'eau. Je compte faire mon petit potager à l'arrière de la maison avec l'aide d'un autre volontaire comme moi. Mercredi soir j'ai vu le fameux débat Ségo/Sarko avec mon proprio de maison qui est le business-man du coin. Pour ma part, j'ai trouvé que Ségolène Royal avait été super convaincante et a montré qu'elle a la stature d'un chef d'Etat...je ne vous dis même pas ce qu'on va prendre ici si Sarko passe, ça va être la chasse aux Français, moins qu'en Côte d'Ivoire mais déjà assez pour rendre la situation oppressante.
Faites pas les cons, écoutez Marion, votez Ségo...pensez à ce que j'ai envie de retrouver en rentrant en France. J'ai pas envie de rester à la douane à cause de mon bronzage...
Pour le week-end pascal, nous sommes
allées voir si les cloches de Pâques passent également
à Lomé, au Togo voisin de quelques 2h30 de
taxi-brousse. Conclusion des investigations : guère de
cloches, si ce n'est moi!
Ce petit week-end international a été
aussi un week-end marqué du sceau féminin avec mes 3
compatriotes Vpettes (Volontaires du Progrès, du nom de
l'organisme de volontariat qui nous employe)...une folle équipée
avec ces demoiselles qui vivent en terre béninoise depuis près
d'un an et maîtrisent toutes les cordes sensibles de ce pays (à
commencer par le marchandage). Assises à 4 à l'arrière
du taxi brousse (4 derrières, 3 devant avec le chauffeur,
c'est la norme ici), nous avons affronté la pluie par paquets
à l'allée et la chaleur suffocante au retour. Au
milieu, il y a le passage à deux reprises de la frontière.
Des formalités dignes du roi Ubu et des papiers à
remplir dont on se demande où ils vont bien finir!Coup de bol
pour nous : les douaniers étaient relativement coopérants
et raisonnablement lents!
A Lomé nous avons été
accueillies par la pluie...qui a duré quasi toute la
journée...ici pas moyen de s'y risquer à moins d'être
fada. Le repli stratégique s'est opéré dans un
maquis (appellation des petits restaus-bouiboui ici) à boire
des coups...Une fois la pluie cessée et le chemin de nos hôtes
trouvé, le soleil est revenu et le week-end s'est décliné
entre marché, plage, maquis, sieste et brunch.
Le marché africain est vraiment
à la hauteur de sa réputation, on y trouve quasiment
tout, comme dans un inventaire à la Prévert...le bruit et l'odeur, des tas de petits étals dans des ruelles boueuses après la pluie! Un vrai gym-khana d'avancer au milieu de cette fourmilière sans s'y perdre. Le plus
dur pour moi, c'est l'étal du boucher...une puanteur pas
imaginable qui enveloppe dans la chaleur humide. Je crois que s'il
fallait que j'achète moi-même ma viande, je serais
végétarienne ici. Sinon c'est beaucoup de tanties qui
vendent des tissus, des sandales, des bijoux mais aussi toutes sortes
de nourriture, des plus traditionnelles aux plus industrielles. Le
round de négociation est ardu devant les échoppes et
mes 3 copines yovos (blanches) ne s'en laissent pas compter...fort
instructif!Pour ma part, je m'en suis tenue à un masque en
bois et un pagne malien...
Enfin bref, un chouette petit week-end,
Lomé est une ville accueillantes, tout comme les Togolais. On
sent que c'est un peu plus avancé que le Bénin en dépit
des évènements politiques...Le week-end a été
riche aussi en petites montées d'adrénaline, une
engueulade musclé avec des vendeurs d'artisanat, un accident
de moto juste à côté de nous et notre chauffeur
qui a commencé à se battre, une foule pas possible en
provenance de la plage qui bloquait tout la ville en revenant à
Cotonou. Je n'ose guère me balader seule dans la rue en tant
que yovo (blanche)...c'est un peu la parano en terme de sécurité
tellement on est repérable et vu l'image de portefeuille
ambulant qu'on a...Désolée si ces propos en choquent
certains, espérons que le fait de rejoindre une plus petite
ville changera la donne!Bien à vous les p'tits loups...et RDV la semaine prochaine pour les élections vues d'ailleurs!
Tout vient à point à qui sait attendre et finalement, ce n’est qu’aujourd’hui que je suis allée à Ouidah, les méandres du long fleuve de la vie quoi.
MA VIE, UN BATEAU QUI CHERCHE A POSER L’ANCRE
Je suis donc toujours à Cotonou et après deux semaines de marathon avec mon chef de projet pour lancer le programme PARIER (on m’a pas trop indiqué mes chances de gagner, oups !), me voilà engagée désormais dans une course de fonds, où la force mentale ne sera pas la moindre de mes ressources pour arriver à mes fins (à chacun son Mont Blanc, je parle pas de la crème dessert). Première étape, et pas des moindres, s’installer. En ce moment ça négocie fort maison et moto…deux paramètres déterminants à la réussite de mon séjour (quand on vit sans eau et sans électricité parce qu’on habite le mauvais quartier ou qu’on perd deux jours par semaine dans les transports en commun, ça refroidit jusqu’à l’enthousiasme aveugle d’un boy-scout !).En plus, pour ceux qui auraient l’idée incongrue de me rendre visite, ça peut changer du tout au tout la « couleur » de votre séjour…de l’eden au cauchemar.
MON TRAVAIL, LES 12 TRAVAUX D’ASTERIX
Le programme, pour sa part, commence à démarrer lentement. Les organisations paysannes commencent à mobiliser les producteurs agricoles et les femmes transformatrices de produits de terroir à l’échelle communale…une étape fondamentale mon capitaine ! Pour ma part, j’essaye de mieux cerner ma mission et d’ouvrir grand bien grand les oreilles pour ne pas subir les écueils de certains de mes prédécesseurs. Faire évoluer une organisation, c’est tout un art…reste à savoir si je suis agile à chatouiller les éléphants.
MES BALLADES, MES VIREES, MES CLINS D’OEIL
Entre mes galères urbaines, les vapeurs d'essence des zems (taxis motos) qui vrillent la tête et l’électricité qui se fait la malle 12h de suite (donc on ne peut quasi rien faire, et l’oisiveté est mère de tous les vices mes enfants), de petites perles de sérénité se glissent. Le week-end dernier je l’ai donc passé au bord d’une plage déserte, à regarder l’océan dans le bleu des yeux et à faire des brunchs de dingue (version exotique, c’est la saison des mangues) avec quelques expatriés pas sortis de la dernière pluie ! A Cotonou je commence à avoir mes repères et je goûte ça et là aux spécialités que vendent « les bonnes dames », à savoir les vendeuses de rue. Pour ma part, je trouve que les vendeuses de rue, c’est vraiment un truc convivial. Elles ont toujours le même emplacement, tu les salues, tu papotes un brin…et petit à petit tu rentres dans leur monde et tu sors de l’anonymat de la grande ville (OK, c’est naïf mais ça aide !).
OUIDAH ET LE VAUDOUN
L’AFVP m’avait organisé aujourd’hui une petite visite d’intégration à Ouidah, petit village entre Cotonou et Lomé, le long du littoral sur ce que les gens appellent ici la route des pêches…l’occasion de découvrir ce qui a été la porte de sortie du Bénin pour des milliers d’esclaves prenant le chemin du Brésil, d’Haïti, de Cuba ou des Etats-Unis. Les esclaves étaient capturés par le roi du Dahomey qui les livraient ensuite aux Européens contre des pacotilles (des miroirs notamment, Narcisse est partout…). Entre la capture et le départ par l’océan avaient lieu plusieurs rites vaudous. L’un des plus remarquables est le rite de l’arbre de l’oubli, arbre autour duquel les femmes tournaient 7 fois et les hommes 9 fois. Ce rite avait pour objet de faire perdre toute mémoire et culture aux esclaves, d’en faire des personnes « vides ». Un second rite, le rite de l’arbre du retour, arbre autour duquel hommes et femmes tournaient 3 fois, avait pour objet de faire revenir les âmes des esclaves en Afrique après leur trépas.
Il faut préciser que Ouidah est un haut lieu du vaudoun et que ce culte est très vivace (d'ailleurs le 10 janvier, les plages sont prises d'assaut par les cérémonies, comme au nouvel an au Brésil). Pendant ma ballade de la journée, je suis tombée sur moults petits temples (bien mal avisé qui y fourre son nez). Les gens sont tout imprégnés de cette atmosphère mystique très forte. Certaines personnes portent les scarifications, signes qu’ils sont des initiés voire même des féticheurs et tous se protègent des mauvais sorts et des mauvais esprits. En bref, beaucoup de superstition et une atmosphère assez pesante et parfois un brin hostile…Heureusement, j’ai poursuivi ma visite par la forêt sacré où seules le bien est autorisé (ouf!)…et j’ai pu apposer mes mains sur l’iroko sacré pour communiquer à cet arbre des souhaits du fond de mon cœur ("Prenez mon n° de téléphone et appelez-moi, on a de très bons résultats" cf. le guide).
Le vaudoun repose en fait sur le principe que les forces de la nature (animaux, arbres, rochers) peuvent être l’enveloppe d’une force divine. Toute ces divinités sont un intermédiaire pour atteindre un Dieu unique, tellement puissant qu'il est impensable de s'adresser directement à lui, pauvre vermisseau d'humain que nous sommes. Il est assez difficile et déconseillé d’en savoir plus dans la mesure où le vaudoun est une religion d’initiés, à savoir une religion dont les rites sont exclusivement réservés aux pratiquants qui ont passé différents niveaux d'initiation.
Juste pour l'anecdote, très peu de Béninois nagent en dépit des magnifiques plages. En fait, dans leur référentiel vaudou, l'océan incarne une force très imposante (si puissante que toute les crémonies importantes ont lieu à la plage)...sans compter que l'océan fût le tombeau de nombreux esclaves, suicidés ou morts d'épuisements. Autant vous dire que le yovo (le Blanc) qui se jette joyeusement dans les vagues, ça ne cadre pas vraiment!
Voilà pour une première étape de l’histoire, entre tradition et modernité…
Prochaine étape, le Togo que je dois rejoindre pour le week-end de Pâques !
PS :
1)Sorry pour les photos mais je me sens encore très peu à l’aise pour photographier les personnes….ça viendra !
2)Désolée pour l’égocentrisme du blog, je parle que de moi mais c’est une façon de vous intégrer dans ma vie et de garder vivaces les liens avec mes tribus !
3) C'est pas forcément hyper esthétique...mais je n'ai pas beaucoup de choix de mise en page!