Bien le bonjour du Bénin où nous avait rejoint pour quelques jours la Camillette de compèt'!
Oui, il a fallu batailler sec pour la convaincre de boire l'eau du robinet sans cacheton et le pschitt à moustique ne l'a pas quitté d'une semelle (d'ailleurs à ceux qui se posent la question, non le paludisme n'est pas une maladie contagieuse). Il faut bien que je me moque un peu car dans en vérité je suis admirative devant l'étendue de ses capacités d'adaptation! Deux semaines à la maison et Camillette mène sa vie, marchande ses achats, fume des cigarettes de contrebande négériane qui te bitume les poumons, part à la découverte des villages, sort boire des coups et dort sur la banquette arrière du taxi où on est entassé comme des sacs à patates Dire à quelle point c'est une aventurière, elle a été ma cobaye comme passagère de la moto (ce qui explique qu'ensuite elle avait besoin de cigarette nigérianne...)
Cette première quinzaine de décembre a en tout cas été fort remuante...on est allé se ressourcer dans un formidable endroit dans les Collines du Bénin, un petit village qui mène un projet communautaire pour l'écotourisme. C'était incroyable de voir à quel point le village était bien tenu et combien le comportement des habitants était avenant avec un véritable échange possible. Le concept d'éducation à la base semble fonctionner : penser global, agir local. On a pu beaucoup discuter...on est même aller jusqu'à aborder les questions des quotas d'émission de carbone et le film d'Al Gore sur le réchauffement climatique. En bref, un petit week-end de randonnée qui nous a permis de voir d'en haut le plateau d'Abomey et de laisser s'égrener le temps à paresser tels des lézards sur leur gros caillou.
Nous avons également fait le tour des temples et des fétiches d'Abomey. On s'est donc retrouvé dans un petit coin reculé d'Abomey avec plusieurs messieurs adeptes ou initiés de différents fétiches. On a pû voir les fétiches masculins et féminin, le fétiche des jumeaux, le fétiche de sforgerons et quelques autres. En fait le fétiche, c'est souvent quelque chose de très simple : un tas de glaise, une souche, une poterie posée au pied d'un arbre. Les fétiches sont recouverts de différentes offrandes qui se se stratifient et se décomposent avec le temps : pâte de maïs, huile rouge, sang de poulet, plumes, alcool...ce qui donne un aspect de peinture bigarée, abstraite en relief. Pour les personnes qui ne connaissent pas, les fétiches peuvent sembler des choses tout à fait banales car il n'y a ni or, ni argent, ni fine sculpture, ni symboles compliqués. Ce sont des objets de la vie de tous les jours qui portent une valeur divine...et souvent pour les yovos que nous sommes, on a du mal à comprendre comment une motte de terre jonchée de nourriture de toutes sortes peut avoir tellement d'imprtance. Camillette a fait sa requête secrète aux fétiches et leur a laissé un peu de pâte de maïs à manger...y'a plus qu'à laisser faire.
Le séjour s'est bien fini. On a testé LA boîte de nuit de Bohicon, finalement semblable à celles qu'on trouve partout ailleurs dans le monde. On a quand même rudement bien dansé et c'est avec peine que le lendemain on s'est levé pour aller sur des petits chemins et prendre une petite barque pour traverser un petit lac et rejoindre un petit village sur une petite île.Là on a profité des talents de mono de colo' de Camillette qui a fait chanté les gamins pendant au moins une heure...un truc incroyable! Je pense que l'île résonne encore des “youpi yah”. Voilà c'était chouette...même si j'avais beaucoup de boulot, on a bien profité alors je te dis un grand merci Camillette!
Ici ça continue, Zoé arrive lundi et le programme sera chargé pour finir 2007.
BONNES FÊTES A VOUS TOUS ET PLEINS DE BECOS!